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Quatre grands problèmes du Cap-Haïtien selon Michèle Oriol

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La sociologue et ancienne responsable du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) a fait le diagnostic des problèmes du Cap-Haïtien.

Quatre grands problèmes du Cap-Haïtien selon Michèle Oriol

Vue aérienne de la partie historique de la ville du Cap-Haïtien [à droite]

Invitée à la matinale de Magik9, lundi 4 mai 2026, Mme Oriol a identifié quatre problèmes majeurs auxquels fait face la ville du Cap-Haïtien.

Alors que la ville du Cap-Haïtien occupe depuis plusieurs semaines l’actualité nationale en raison de divers évènements, la sociologue Michèle Oriol a abordé les problèmes structurels qui affectent la deuxième ville du pays.

D’entrée de jeu, Michèle Oriol a noté un étalement de la ville, de plus de 15 fois par rapport à ses dimensions des années 70 sans qu’aucune infrastructure n’ait été construite. En plus de cet étalement, Mme Oriol a souligné, dans la partie historique de la ville, le dysfonctionnement des réseaux souterrains de la ville qui date de l’époque coloniale, notant entre autres l’obstruction des déversoirs des égouts, ou la construction dans les ravines.

Invitée à la matinale de Magik9, lundi 4 mai 2026, Mme Oriol a identifié quatre problèmes majeurs auxquels fait face la ville du Cap-Haïtien.

Alors que la ville du Cap-Haïtien occupe depuis plusieurs semaines l’actualité nationale en raison de divers évènements, la sociologue Michèle Oriol a abordé les problèmes structurels qui affectent la deuxième ville du pays.

D’entrée de jeu, Michèle Oriol a noté un étalement de la ville, de plus de 15 fois par rapport à ses dimensions des années 70 sans qu’aucune infrastructure n’ait été construite. En plus de cet étalement, Mme Oriol a souligné, dans la partie historique de la ville, le dysfonctionnement des réseaux souterrains de la ville qui date de l’époque coloniale, notant entre autres l’obstruction des déversoirs des égouts, ou la construction dans les ravines.

L'étalement urbain de la ville du Cap-Haïtien vu depuis l'aéroport du Cap-Haïtien

« Il n’y a pas d’infrastructures tout simplement. Quand la route nationale # 1 a été construite, les autorités ont aménagé certains passages d’eaux, mais il n’y a pas eu un vrai réseau de canalisation des eaux de ruissellement », a expliqué Michèle Oriol.

« Le réseau de canalisation qui devrait permettre d’éviter les inondations n’est plus fonctionnel dans l’ancienne ville et n’existe pas dans la nouvelle ville », a-t-elle déploré.

Des interventions ni proportionnelles ni appropriées 

À côté de l’absence d’infrastructures, Michèle Oriol a révélé que les interventions opérées dans la ville du Cap-Haïtien ne sont ni proportionnelles ni appropriées aux problèmes.

Mme Oriol a expliqué à titre d’exemple que la Banque mondiale a financé 75 % des études de risques sur la ville du Cap-Haïtien et a identifié les problèmes. Toutefois, elle a aussi souligné que, quand vient l’heure des interventions, les solutions proposées sont à l’opposé des problèmes diagnostiqués.

« Il y a deux projets de gestion de risques mis en œuvre par la Banque mondiale au Cap-Haïtien depuis près de 10 ans, mais la manière dont sont lancés les appels d’offres est problématique. Pour traiter une ravine d’environ 3 kilomètres, il ne peut y avoir trois firmes qui y interviennent alors qu’il n’y a pas eu d’étude globale pour spécifier les besoins particuliers. Une ravine doit être traitée comme un tout. On ne peut pas la traiter en trois parts avec trois prestataires différents », a expliqué Michèle Oriol, soulignant l’amateurisme de l’approche des prestataires qui n’ont pas pris en compte d’autres paramètres dans la canalisation des eaux de pluie.

Pour éviter des projets de ce genre, Mme Oriol a appelé les autorités haïtiennes à s’impliquer dans la définition des projets et à fixer les lignes directrices selon ses priorités.

Le Cap-Haïtien entre modernisation et l’absence d’infrastructures basiques

Par ailleurs, Michèle Oriol a indiqué que la ville du Cap-Haïtien a lancé un « appel de population » à la fin des années 80, en améliorant son port pour pouvoir recevoir de grands bateaux. Cet agrandissement, selon Mme Oriol, a entraîné un afflux de personnes dans la ville. Cet afflux est devenu plus important depuis la crise sécuritaire qui a poussé une grande partie de la population vers cette partie du pays.

Outre l’affluence provoquée, Michèle Oriol a fait savoir que cet agrandissement du port est aussi l’une des raisons majeures des difficultés de circulation au Cap-Haïtien. Les infrastructures routières étant limitées, les camions qui sortent du port provoquent d’importants embouteillages dans la ville.

Entre-temps, d’autres travaux sont en cours au port du Cap-Haïtien pour faciliter l’arrivée de plus grands bateaux. Michèle Oriol a indiqué que ces changements ne sont pas anticipés et sont susceptibles d’engendrer d’autres problèmes.

Vue aérienne sur la partie marécageuse de la ville du Cap-Haïtien

Construction dans la partie Est de la ville, il y a danger

Lors de son intervention, Michèle Oriol a identifié parmi les problèmes la construction de la route SOS dans la partie Est de la ville. Cette zone marécageuse est en plein aménagement. Pour contourner les défis posés par le relief de la zone, les constructeurs ont augmenté de deux mètres l’altitude de la route. Une stratégie qui ne sera pas sans conséquence, a indiqué Mme Oriol, prévenant des inondations récurrentes pour la population qui s’installe en amont de la route.

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